Master 2018 2019
Stages de la spécialité SAR
Jeu du clavicordiste


Lieu : Équipe Lutheries-Acoustique-Musique de l’Institut Jean le Rond d’Alembert – Sorbonne Université – Campus Pierre et Marie Curie
Encadrant : Jean-Théo Jiolat, Doctorant (jean-theo.jiolat@sorbonne-universite.fr), Jean-Loïc Le Carrou, Maître de Conférences HDR (jean-loic.le_carrou@sorbonne-universite.fr) et Christophe d’Alessandro, Directeur de Recherche CNRS (christophe.dalessandro@sorbonne-universite.fr)
Dates :15/02/19 au 15/07/19
Rémunération :environ 500€
Mots-clés : Parcours ATIAM : Acoustique, Parcours ATIAM : Informatique musicale, Parcours ATIAM : Traitement du signal

Description

Le clavicorde est un instrument à clavier dont le mécanisme d’excitation est simple et particulier [1]. La pression du doigt sur une touche fait soulever un morceau de métal, appelé tangente, qui percute la corde. L’excitation ayant eu lieu, la corde vibre selon une longueur délimitée par la tangente et le chevalet. La tangente joue alors le rôle de sillet. Dès lors que le doigt relâche la touche, la tangente perd contact avec la corde, et l’étouffoir disposé à l’extrémité de celle-ci met un terme à sa vibration. Ce fonctionnement rend le toucher du clavicorde délicat nécessitant un compromis entre vitesse et force d’enfoncement. En effet, une pression trop importante du doigt entraîne une augmentation de la tension de la corde et donc de sa fréquence fondamentale de façon perceptible. De plus, si la vitesse d’enfoncement de la touche n’est pas suffisante, le niveau sonore est trop faible. L’instrumentiste doit donc développer une stratégie gestuelle lui permettant de jouer avec la dynamique la plus importante possible tout en jouant juste [2]. Cette exigence imposée par le fonctionnement organologique de cet instrument permet l’apprentissage d’un mode de jeu transposable ensuite sur d’autres instruments à clavier. C’est en cela que cet instrument est connu pour sa vertu pédagogique. L’objectif du stage consiste à étudier cette stratégie gestuelle pour plusieurs instrumentistes. Le travail consistera donc à élaborer un protocole expérimental permettant de capter le jeu du musicien sur un clavicorde. Pour cela, il faudra être capable de mesurer à la fois la force d’excitation donnée par la tangente à la corde et la vitesse d’enfoncement au niveau du clavier de manière synchrone et non invasive. Une validation pourra être menée grâce au doigt robotisé instrumenté présent dans l’équipe [3]. Dans un second temps, une modélisation du geste instrumental sera développée en vue de l’intégrer dans un modèle physique d’instrument en cours d’élaboration [4]. Grâce au modèle ainsi constitué et aux données extraites de l’expérience, une étude paramétrique pourra être entreprise afin d’analyser en détail l’influence du geste sur le son de l’instrument.

Bibliographie

[1] Bernard Brauchli. The clavichord. Cambridge University Press, 1998.

[2] Christophe d’Alessandro. On the dynamics of the clavichord. The Journal of the Acoustical Society of America, 2008, vol. 123, no 5, p. 3445-3445.

[3] Alexandre Roy. Développement d’une plate-forme robotisée pour l’étude des instruments de musique à cordes pincées. PhD thesis, Paris 6, 2015.

[4] Jean-Théo Jiolat. Etude des cordes mortes du clavicorde. Rapport de stage de M2, Master Atiam, 2017

[5] Christophe d’Alessandro. Le paradoxe du clavicorde, Congres Français d’Acoustique, CFA 2016 Le Mans 11-15 Avril 2016, 2263-2269.