Master 2013 2014
Stages de la spécialité SAR
Interaction entre latéralisation par différences de temps et sonie en basse fréquence


Lieu :Brest, Laboratoire des Sciences et Techniques de l’Information, de la Communication et de la Connaissance (Lab-STICC UMR CNRS 6285) de l’Université de Bretagne Occidentale
Encadrant : Vincent Koehl et Sylvain Marchand (prenom.nom@univ-brest.fr)
Dates :03/2014 à 07/2014
Rémunération :436,05 EUR mensuels
Mots-clés : Parcours ATIAM : Acoustique, Parcours ATIAM : Informatique musicale, Parcours ATIAM : Traitement du signal

Description

La sonie directionnelle est un phénomène décrivant la variation de la sensation de force sonore (sonie) en fonction de la direction de la source sonore. Celui-ci a essentiellement été observé en hautes fréquences, pour des sources localisées dans le plan horizontal. L’ombre acoustique de la tête d’un auditeur modifie alors le champ sonore et génère des différences de pression entre les deux oreilles. Les différences interaurales de niveau (ILD) ainsi générées permettent notamment de localiser des sources pour des fréquences supérieures à 1500 Hz. Les pressions sur les oreilles droite et gauche variant différemment selon l’azimut de la source, la sonie binaurale (issue d’un processus de sommation entre les deux signaux) varie elle aussi en fonction de l’azimut. A titre d’exemple, un bruit rose de largeur de bande équivalente à un tiers d’octave et de fréquence centrale 5000 Hz serait perçu plus fort s’il provenait du côté (±90°) plutôt que de devant (0°) à un même niveau physique. De récentes études ont cependant montré que ce phénomène était observable dès 400 Hz (où l’influence de la tête de l’auditeur sur le champ sonore est relativement faible) et que la variation de sonie observée pour différents azimuts était supérieure à ce qui pouvait être attendu des mesures de pression sur chaque oreille [1]. Ainsi on peut supposer que les variations de pression aux oreilles ne sont pas les seules responsables du phénomène de sonie directionnelle et que d’autres paramètres liés à la localisation y contribuent. En basse fréquence, une sensation de latéralisation peut être obtenue lors d’une écoute sur casque en appliquant uniquement des différences interaurales de temps (ITD) [2]. Une étude préliminaire a ainsi montré que des sons purs de fréquence 200 et 400 Hz latéralisés sur le côté (ITD correspondant à ±90° selon le modèle de Kuhn [3]) étaient perçus significativement plus forts que des sons frontaux (0°) alors que la pression produite sur chaque oreille était la même quelle que soit l’ITD. L’objectif de ce stage est de vérifier que la latéralisation ressentie par les auditeurs, et responsable de variation significative de la sonie bien que due uniquement à des différences de temps, est bien conforme au modèle de Kuhn. On pourra ensuite vérifier si l’ajout de différences de pression réalistes (car pas nécessairement négligeables à 400 Hz) peut influer sur la latéralisation et/ou la sonie.

Bibliographie

[1] Sivonen, V. P., and Ellermeier, W. (2006). “Directional loudness in an anechoic sound field, head-related transfer functions, and binaural summation”, J. Acoust. Soc. Am. 119, 2965–2980.

[2] Zhang, P. X., and Hartmann, W. M. (2006). “Lateralization of sine tones - interaural time vs phase”, J. Acoust. Soc. Am. 120, 3471–3474.

[3] Kuhn, G. F. (1977). “Model for the interaural time differences in the azimuthal plane”, J. Acoust. Soc. Am. 62, 157–167.