Master 2013 2014
Stages de la spécialité SAR
Evaluation de la qualité d’un violon : qu’est-ce que la « projection » ?


Site :Equipe Lutheries Acoustique Musique
Lieu :Institut Jean Le Rond D’Alembert - LAM 11 rue Lourmel 75015 Paris
Encadrant : Claudia Fritz, fritz@lam.jussieu.fr
Rémunération :Gratification : 436,05 E par mois à partir de 2 mois de stages
Mots-clés : Parcours ATIAM : Traitement du signal

Description

Lors d’une expérience à l’Auditorium de Vincennes en Septembre 2012, une douzaine de violons anciens et neufs ont été testés par une dizaine de solistes internationaux devant une audience d’une soixantaine de personnes, majoritairement des luthiers, des violonistes et des audiophiles. Dans les deux premières parties, les instruments étaient comparés par paires, en solo puis avec un accompagnement orchestral, et les auditeurs devaient évaluer la projection (à savoir la capacité de l’instrument à être entendu au fond de la salle, et à passer au-dessus de l’orchestre) de chacun des instruments sur une échelle. L’expérience a été enregistrée avec deux couples stéréo A-B - l’un pour une prise de son globale à quelques mètres de l’orchestre, l’autre proche du violon pour rajouter un peu de clarté et de précision - afin d’obtenir un enregistrement de qualité. Un premier stage a eu lieu l’an dernier durant lequel un test d’évaluation de la projection à partir de ces séquences enregistrées a été mis en place. Les évaluations qui ont été ainsi obtenues sont, pour un grand nombre de paires de violons, concordantes avec les évaluations obtenues dans la salle de Vincennes. Pour ces paires, nous avons donc supposé que l’information pertinente pour juger de la projection était contenue dans les enregistrements et le stagiaire a procédé à une analyse primitive des enregistrements solo pour trouver des corrélats acoustiques à la notion de projection, en particulier en termes de sonie et de brillance puisque les violonistes prétendent d’une part qu’un violon brillant projette beaucoup, et que d’autre part, un violon n’a pas besoin d’être fort pour projeter. Aucune corrélation entre sonie (respectivement brillance) et la projection n’a pu être établie de manière générale. Trois explications sont possibles : c’est effectivement le cas ; ou les modèles actuels de sonie et de brillance n’ont pas été utilisés avec suffisamment de finesse ; ou bien ils ne sont tout simplement pas adaptés à nos stimuli. En ce qui concerne la deuxième explication, il serait intéressant par exemple de regarder ce qu’il se passe par bandes de fréquences ainsi que d’examiner la différence, pour chaque violon, entre le minimum et le maximum de sonie, car la projection pourrait peut-être être reliée à la dynamique de l’instrument. Pour explorer la troisième piste, il est proposé à l’étudiant, dans le cadre de ce stage, de reproduire le même test d’écoute mais en remplaçant l’évaluation de la projection par l’évaluation de soit la sonie, soit la brillance. Les évaluations ainsi obtenues pourront alors être comparées d’une part aux modèles (de sonie et de brillance) existants et d’autre part aux évaluations de projection. Par ailleurs, d’autres analyses/traitements ainsi qu’une possible séparation de sources violon/orchestre (pour comprendre à quoi correspond la projection en présence de l’orchestre) pourront être envisagés.