Master 2012 2013
Stages de la spécialité SAR
Effets de mémoire à court-terme impliqués dans la sonie des sons crescendo et decrescendo


Lieu :Ircam (équipe Perception et Design Sonores)
Encadrant : Emmanuel Ponsot (Ircam) / Patrick Susini (Ircam) / Sabine Meunier (LMA, Marseille)
Dates :du 01/02/2013 au 31/08/2013
Rémunération :436 euros / mois
Mots-clés : Parcours ATIAM : Informatique musicale, Parcours ATIAM : Traitement du signal

Description

Contexte scientifique :

La Sonie (loudness en anglais) est un attribut fondamental dans la perception auditive humaine. Elle correspond au percept d’intensité sonore, à notre capacité à classer les sons que nous entendons de très faible à très fort. De nombreuses études psychoacoustiques ont été consacrées à la sonie des sons stationnaires (i .e. dont les paramètres acoustiques ne varient pas au cours du temps), et différents modèles ont pu être développés afin de prédire la sonie à partir du signal acoustique. Ces modèles sont basés sur des expériences psychoacoustiques qui ont permis de relier la sonie aux paramètres physiques mesurables de ces sons (niveau de pression acoustique, durée, fréquence, largeur de bande, densité spectrale, ...). Cependant, les sons qui nous entourent au quotidien sont fortement non stationnaires (i.e. leurs paramètres acoustiques évoluent au cours du temps). Cela concerne aussi bien les sons environnementaux (ex. bruit engendré par le passage d’un véhicule) que les sons musicaux (ex. crescendo ou decrescendo dans une pièce de musique). Différentes études (Neuhoff, 1998 ; Susini et al. 2007 ; Pastore & Flint, 2011) ont mis en particulier en évidence l’influence du profil temporel du niveau acoustique (dB) sur la sonie : des sons dont les profils sont croissants sont perçus avec une sonie plus élevée que des sons ayant des profils décroissants, bien que leurs paramètres physiques - énergies, durées et contenus fréquentiels - soient identiques. Les causes de cette différence perceptive entre sons croissant et décroissant ne sont toujours pas clairement identifiées, et ainsi, différentes interprétations de cet effet ont été proposées. La sonie de ce type de sons étant fortement liée à la partie du son de niveau acoustique maximal, Susini et al. (2007) proposent de l’expliquer par la différence de position du niveau maximal du son, situé respectivement au début ou à la fin pour les sons décroissants ou croissants. Ainsi, les sons croissants seraient estimés avec une sonie supérieure car leur niveau maximal est plus proche dans le temps du jugement émis (« end-level effect »).

Objectif :

L’objectif du stage consistera à étudier les phénomènes de mémoire auditive à court-terme pouvant être responsables des différences en sonie entre les sons crescendo et decrescendo.

Déroulement envisagé :

Le travail effectué pendant le stage s’attachera : 1) à élaborer des stimuli tests et une démarche expérimentale ; 2) à mesurer expérimentalement les évolutions temporelles en mémoire (« trace ») de la sonie des sons crescendo et decrescendo (cf. protocole expérimental de Clément et al. 1999).

Type de travail : théorique (bibliographie en psychoacoustique), expérimental (psychologie expérimentale), informatique.

Résultats attendus : Evaluer le rôle des effets de mémoire sur la sonie des sons crescendo et decrescendo. Compétences requises : notions en traitement du signal, psychoacoustique, psychologie de la perception auditive, synthèse sonore, programmation. Autonomie et goût pour la recherche.

Bibliographie

J.G. Neuhoff. Perceptual bias for rising tones. Nature, 395(6698) :123–123, 1998.

P. Susini, S. McAdams, and B.K. Smith. Loudness asymmetries for tones with in- creasing and decreasing levels using continuous and global ratings. Acta acustica united with acustica, 93(4) :623–631, 2007.

R.E. Pastore and J. Flint. Magnitude judgments of loudness change for discrete, dynamic, and hybrid stimuli. Attention, Perception, & Psychophysics, 73(3) :886– 907, 2011.

Clement, S., Demany, L. & Semal, C. Memory for pitch versus memory for loudness. J. Acoust. Soc. Am. 106, 2805–2811 (1999).